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jeudi 2 décembre 2010

Inédit: Les chroniques de la mondaine

Planète diffuse le jeudi 2 décembre à 20h40 les parties 1 & 2 de cette série produite par Sunset Presse et 17 juin Média. Planète diffusera les parties 3 & 4, la semaine suivante, le jeudi 9 décembre à 20h40 :

Planète, Jeudi 2 décembre, 20H40

















Chroniques de la Mondaine est une série proposant l'histoire illustrée de la police des moeurs. Du moyen-âge aux années 30; de la collaboration horizontale à la libération sexuelle; de la fin de la Mondaine à la fin du siècle; pour finir avec l'âge des réseaux, la série raconte, par tranche historique, le fonctionnement et les histoires d'une brigade d'information, de renseignement, de fichage, voire de chantage.


Dans la fraîcheur de la nuit, il est des lieux plus chauds et plus moites qu’on ne l’imagine….Certains sont chargés de secrets d’alcôves dorées, d’autres de vices inavouables, d’autres encore de tout ce qui compte d’amateurs en quête d’aventures frivoles… C’est pour contrôler et surveiller ces lieux de débauche vieux de plusieurs décennies que la Brigade des Moeurs a été créée. Grâce aux archives officielles de la police et à travers des confessions et des témoignages de personnalités de la nuit, de policiers, d’hommes de loi et d’historiens, cette série de documentaires pénètre et dévoile cet univers secret qui continue d’alimenter les fantasmes. Entrez dans l’intimité du monde de la nuit, un milieu fermé à la plupart d’entre nous, mais si représentatif du rapport aux moeurs de notre société.

Teaser 1 - Enregistrement du commentaire : Jeanne Balibar et Laurent Portes

Teaser 2 - Interview de Laurent Portes


vendredi 3 septembre 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan: 250 ème jour le 5 septembre 21010

Le 29 décembre, il y a bientôt 250 jours, Hervé et Stéphane, journaliste et caméraman pour le magazine de France 3 "Pièces à Conviction", étaient enlevés sur une route au nord de Kaboul, avec leur trois accompagnateurs afghans.

Un rassemblement de soutien est organisé ce jeudi 2 septembre 2010, à 14 heures, place de la Bourse dans le 2ème, à l'appel de Reporters sans Frontières, du Syndicat national des journalistes, de la Société des journalistes de France 3 et des familles des deux otages.

Toute la journée, les différentes antennes de France Télévision diffuseront des messages de soutien aux journalistes enlevés.

jeudi 8 avril 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan : 100 jours...

C'est le 29 décembre, il y a exactement 100 jours aujourd'hui, qu'Hervé et Stéphane, journaliste et caméraman pour le magazine de France 3 "Pièces à Conviction", étaient enlevés sur une route au nord de Kaboul, avec leur trois accompagnateurs afghans.

Un rassemblement de soutien est organisé ce jeudi 8 avril 2010, à 14 heures, sur le parvis de l'Hôtel de ville de Paris à l'appel de Reporters sans Frontières, du Syndicat national des journalistes, de la Société des journalistes de France 3 et des familles des deux otages.

Toute la journée, les différentes antennes de France Télévision diffuseront des messages de soutien aux journalistes enlevés.

lundi 29 mars 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan : soutien unanime au FIGRA

La cérémonie de clôture du FIGRA (Festival international du grand reportage d'actualités), ce week-end, au Touquet, a été l'occasion pour tous les professionnels rassemblés (journalistes, réalisateurs, producteurs) de marquer une fois encore leur soutien aux deux journalistes de France 3 enlevés il y a 3 mois jour pour jour sur une route d'Afghanistan. (lire le compte-rendu dans La Voix du Nord en cliquant ici).

Arnaud Hamelin, président de FFAP et de l'agence Sunset Presse, a tenu à rappeler que les deux journalistes enlevés étaient "partis avec un ordre de mission, et non pas à la recherche d'un scoop. On entend dire que cela coûterait 10 millions d'Euros pour les récupérer... Si notre pays n'est pas capable de les mettre, c'est que la profession va très mal !"

Jean-François Julliard, président de RSF, a quant à lui invité le public du FIGRA à se joindre au rassemblement qui aura lieu le 8 avril 2010 à Paris, pour le 100ème jour de détention des deux journalistes... "En espérant que cette manifestation n'ait pas lieu, car cela signifierait qu'ils auront été libérés," a-t-il conclu.


mardi 23 février 2010

Communiqué de la Fédération française des agences de presse

Enlèvement des journalistes de France 3 en Afghanistan: La Fédération française des agences de presse répond aux propos du Général Jean-Louis Georgelin. 

Arnaud Hamelin, Président de la FFAP, et lui même correspondant de guerre pendant plus de 20 ans, donne sa réponse aux propos tenus par le Général Georgelin, qui a déclaré sur Europe 1 que le coût des recherches des journalistes en Afghanistan s'élevait à ce jour à 10 millions d'euros (pour écouter le Général Georgelin, cliquez ici).

Merci, mon général ... mais ne vous arrêtez pas là!

10 millions d'euros! Diable, quelle somme! Merci mon général pour cette transparence dont l'armée, la grande muette, est peu coutumière. 10 millions d'euros, chiffre rond, qui a le mérite de frapper les esprits. Voila donc la somme que l'état français aurait déjà déboursé pour retrouver deux journalistes enlevés en Afghanistan, et dont jusqu'à présent il était officiellement recommandé de ne pas parler. Bel effort de franchise, mon général, à même de provoquer l'aigreur de nos compatriotes, dans ces temps de disette. Nous comprenons mieux maintenant d'où pourrait venir le déficit des finances publiques : des journalistes irresponsables n'y seraient pas pour rien!


Alors, mon général, n'hésitez pas, continuez, vous en avez dit trop ou trop peu. 

Vous avez parlé « argent », alors dites nous où sont passés nos millions ? Sont-ce des heures de vols des drones qui rechercheraient nos compatriotes, des liasses de billets données de la main à la main à des informateurs, des aides gracieuses accordées à des chefs de guerre qui nous assurent savoir où ils se trouvent? Fichtre, dix millions d'euros, quelle activité pour retrouver deux Français disparus depuis 55 jours ! J’observe que pour la première fois, nous avons communication d’un coût financier en relation avec notre intervention en Afghanistan. Mais est-ce ce montant là qui nous intéresse le plus ?

Poursuivant notre éducation, vous pourriez nous dire pourquoi la France et ses soldats doivent participer en Afghanistan à une guerre dont les objectifs, après huit ans d'intervention étrangère, restent flous. En quoi les intérêts vitaux de la France, ou la sécurité individuelle de nos concitoyens, sont ils menacés en Afghanistan, pour que nous y maintenions un contingent de plus de 3500 hommes, qui risquent tous les jours leurs vies, et coutent à la France plus de 100 millions d'euros par an. 107 millions sur le rapport 2009. On notera la disproportion entre les 10 millions que vous avez annoncés pour retrouver depuis 55 jours nos deux compatriotes et les 107 millions qui représentent la totalité des dépenses de l’intervention française sur l’année 2009 en Afghanistan…


Par ailleurs, mon général, que mettez vous dans l'autre plateau de cette balance ? La vie de journalistes qui cherchent à comprendre ce que notre armée est allée faire en Afghanistan ? La curiosité de professionnels reconnus qui s'interrogent sur les raisons de notre engagement et sur les moyens employés pour y parvenir ? Il me semble que c’est bien le moins qu’ils puisse faire pour éclairer nos concitoyens. Non, nous ne sommes pas des inconscients, nous faisons notre métier en quelque sorte notre devoir, comme le font en ce moment nos soldats en Afghanistan. Témoins de l'Histoire, et de notre temps , nous souhaiterions que des chefs politiques et militaires acceptent que s'ouvre dans notre pays un débat argumenté, alimenté par les faits et les images que des journalistes ont le courage d'aller chercher sur le terrain.


Ces deux journalistes disparus depuis le 30 décembre sont l’ élément incontournable d'un système qui est celui de l'information. Ce système est le garant du maintien de la démocratie, non pas en Afghanistan, où elle n'a pas de racines, mais dans notre pays, ici, en France, où elle a été inventée. Sa défense, par tous les moyens, à tous les prix, est un défi qu'il faut relever. Général Georgelin, ne nous trompons pas de guerre, il n’en existe aucune entre les militaires et les journalistes.

mardi 16 février 2010

Cobayes de guerre : la France aussi ?

Dans son édition du 16 février 2010, le Parisien - Aujourd'hui en France révélait que la France aurait délibérément exposé des appelés du contingent aux radiations provoquées par le tir d'essai atmosphérique d'une bombe A (pour lire l'article, cliquez ici), le 25 avril 1961, à Reggane, dans le Sahara algérien.

Ce tir d'essai, baptisé Gerboise Verte, est décrit par le menu dans un rapport estampillé « confidentiel défense », et intitulé « la genèse de l'organisation et les expérimentations au Sahara » (pour lire le rapport, cliquez ici) ; un rapport qui aurait été rédigé par des militaires français en 1998, juste après l'abandon définitif des tirs d'essais nucléaires.

Selon ce document, trois cent soldats, appartenant à des régiments basés en Allemagne, auraient reçu l'ordre d'effectuer de s'approcher à moins de 300 mètres du point d'impact de la bombe, juste après le tir. Objectif déclaré de la manœuvre : simuler une phase de combat afin d'étudier « la réoccupation d'une position touchée par une explosion nucléaire ». Objectif moins avouable : « étudier les effets physiologiques et psychologiques produit sur l'homme par l'arme atomique »...

Le rapport publié par le Parisien ne serait apparemment que le tome 1 d'une série de rapports, dont le contenu reste à ce jour inconnu. Interrogé à ce sujet par le Parisien, Hervé Morin, ministre de la défense, a lapidairement répondu : « n’ayant pas personnellement connaissance du tome I, il m’est impossible de connaître le tome II. » Une méconnaissance qui ne l'a pourtant pas empêché d'affirmer que « les doses reçues [par les soldats, NDLR] étaient très faibles... » (pour lire l'interview, cliquez ici)

Naïveté feinte de la part du ministre ? On peut, sans trop prendre de risques, être enclin à le penser : le scoop du Parisien, en effet, avait déjà été publié par le Nouvel Observateur en 1998 (accessible ici)... Mieux encore : le ministère de la défense lui-même avait publié cette information en janvier 2007, dans un dossier de presse sur « les essais nucléaires et leur suivi au Sahara » (lisible ici). Ce dossier de presse évoquait d'ailleurs un autre tir, Gerboise Rouge, en date du 27 décembre 1960, après lequel auraient été menés des exercices de « reconnaissances d'itinéraires en milieu contaminé avec des hélicoptères guidant des blindés, des mouvements de fantassins munis de tous leurs équipements de protection ainsi que des essais de décontamination de matériel en campagne ».

L'Union Soviétique, les Etats-Unis, le Royaume Uni : toutes les puissances pionnières de l'arme nucléaire se sont ainsi livrées à ce type d'expérience, sacrifiant des soldats, et parfois des civils. En 1991, Sunset Presse avait produit pour la 5 un film bouleversant, retraçant le calvaire silencieux des victimes des retombées d'essais nucléaires américains :

Les Damnés de l'Atome

Un film de Jean-Pierre Van Geirt et Nicolas Forest

En 1951, six ans après Hiroshima, les Etats-Unis se lancent dans une campagne de tirs d'essais atmosphériques, dans le désert du Nevada. En sept ans, les militaires américains font exploser plus d'une centaine de bombes atomiques sur la zone. Les retombées radioactives de plusieurs de ces essais se répandent sur les régions habitées de l’Utah, notamment sur une petite ville de 5.000 habitants : Saint George.

A l’époque, le Département américain de l'énergie fait tout pour rassurer la population locale, l’encourageant même à assister aux explosions... Seule recommandation : protéger ses yeux avec des lunettes noires. Des films de propagande montrent même des soldats américains à l’exercice, marchant sans crainte vers le champignon mortel. Tout le monde vit à l’heure atomique, avec un seul mot d'ordre :“c’est sans danger !”.

Quarante ans plus tard, les habitants de Saint George vivaient encore les séquelles de ces expériences atomiques. Des cancers plus nombreux qu’ailleurs, des leucémies, des enfants atteints de trisomie 21... Avec fatalisme et résignation, la petite ville de l’Utah continuait à enterrer ses morts.

En 1992, Sunset Presse produisait, pour M6 cette fois (Zone Interdite), un autre film, consacré à d'autres victimes de la raison d'Etat :

Cobayes de Guerre
Un film de Jean-Pierre Van Geirt

Prêts à tout pour servir leur pays, des milliers de volontaires américains, ont accepté, durant la Seconde guerre mondiale, de participer à diverses expériences dans l’intérêt de la Nation. Ce qu'ignoraient ces quelques 60.000 volontaires, c'est qu'ils allaient servir de cobayes, en prévision d’une éventuelle guerre chimique, et que les tests de résistance aux gaz moutarde imaginés par le gouvernement les meurtriraient dans leurs chairs jusqu'à la fin de leurs jours. Il aura fallu 50 ans pour rompre le silence que l’armée avait imposé concernant ces expériences inhumaines...

En écoutant les témoignages terrifiants rassemblés dans ces deux films, on imagine sans peine l'enfer qu'ont vécu dans leur chair les centaines de soldats du contingent, exposés aux retombées radioactivesà Reggane, et condamnés au silence au nom de la raison d'Etat.

mardi 19 janvier 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan : réactions en chaîne (2)

La polémique continue d'enfler autour de l'enlèvement de deux journalistes de France 3 en Afghanistan. Ce matin, sur France Inter, Stéphane Guillon livrait une chronique assassine sur l'affaire :



Bref résumé des épisodes précédents :

Le 30 décembre dernier, deux journalistes de France 3, en reportage en Afghanistan pour le magazine "Pièces à conviction"sont enlevés avec leurs trois accompagnateurs afghans à 60 kilomètres au nord de Kaboul. Un guet apens leur aurait été tendu par les Talibans.

Le 3 janvier, Paul Nahon, directeur des magazines de France Télévisions, confirme être "sans nouvelles des deux journalistes depuis 48 heures".

Le 5 janvier, lors du conseil des Ministres, le Président Sarkozy, selon des propos rapportés par Europe 1, villipende violemment "l'imprudence coupable" de ces journalistes, et demande au gouvernement la totale transparence quant aux coûts engendrés par leur sauvetage.

Le 6 janvier, la Fédération française des agences de presse (FFAP) répond aux propos supposés de Nicolas Sarkozy dans un communiqué rappelant que les journalistes ne sauraient être assimilés à des skieurs imprudents, et qu'en tout état de cause, le devoir de l'Etat "consiste à protéger ses concitoyens, les journalistes tout comme les spéléologues ou les skieurs".

Le 15 janvier, c'était au tour du Syndicat national des journalistes (SNJ) de réagir, dans un communiqué précisant qu'il était "tout à l'honneur des journalistes d'aller exercer leur profession là où c'est le plus nécessaire."

Le 17 janvier, c'est Claude Guéant, Secrétaire général de l'Elysée, qui relance la polémique, en confirmant sur Europe 1 les propos de Nicolas Sarkozy, et en ajoutant qu'il ne "faut pas rechercher le scoop à tout prix."


Dans la foulée, la Société des journalistes de France 3 dénonçait le "cynisme effrayant" de Claude Guéant et l'Association du prix Albert Londres se fendait à son tour d'un communiqué rappelant que "le devoir d'informer est une condition vitale de la démocratie, au même titre que la liberté d'expression."

Hier soir, c'est un communiqué collectif des amis et confrères des deux journalistes détenus en Afghanistan, publié par Libération, qui enfonçait le clou : "Journalistes et amis, nous n’accepterons pas que la réputation de nos confrères soit salie et diminuée alors même qu’ils sont encore aux mains de leurs ravisseurs et qu’ils n’ont pas encore livré le récit de leur enlèvement."

Le Monde, quant lui, publiait des extraits de l'interview donnée par Florence Aubenas à la chaîne Public Sénat : "On parle de la liberté d'informer et on vient leur dire que l'addition est lourde. Elle est d'abord lourde pour eux, les otages."

Ce matin, enfin, c'est la direction de France télévision qui publiait son communiqué : "pleinement consciente de l'inquiétude et de l'émotion qui règnent dans les rédactions du groupe et, au-delà, chez tous les salariés". Sa seule priorité reste en effet de "voir les deux journalistes revenir le plus vite possible au sein de leurs familles et de leur rédaction. Toute autre considération ne serait pas recevable."

Seul Frédéric Lefebvre semble vouloir prendre la défense de Claude Guéant : «les propos du secrétaire général de l’Elysée ont le mérite de souligner que la vie est plus importante que tout!» On connaissait déjà la subtilité dialectique du porte-parole de l'UMP, mais là, il se surpasse...

lundi 18 janvier 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan : réactions en chaîne


Après la FFAP, le Syndicat national de journalistes (SNJ) s'est à son tour indigné, dans un communiqué diffusé vendredi 15 janvier, des propos qu'aurait prononcés le président Sarkozy lors du conseil des ministres du 5 janvier :


Afghanistan : l'honneur des journalistes


"C'est tout à l'honneur des journalistes d'aller exercer leur profession là où c'est le plus nécessaire.

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), premier syndicat de la profession, tient à saluer toutes les consoeurs et les confrères qui, parfois, au péril de leur vie et de leur liberté tiennent à poursuivre leur mission de témoignage sans laquelle notre profession risquerait bien vite de se restreindre à un nombre très limité de pays et à transmettre des informations qui ne géneraient personne.

Pourquoi au Méxique, en Russie et dans ses pays limitrophes, pourquoi en Irak, et en Afghanistan etc. des journalistes s'obstinent à recueillir des informations sinon pour remplir leurs missions au service des citoyens ?

Le SNJ tient à rappeler que deux de ses confrères sont toujours retenus en otage en Afghanistan depuis le 30 décembre 2009 et tient à stigmatiser celles et ceux qui se sont permis de les discréditer sans les connaître. Ils sont tous deux très expérimentés et ont couvert de nombreux secteurs de guerre.

Le SNJ regrette que la direction de France Télévisions ne réagisse pas publiquement aux mises en cause publiques du travail de ces journalistes relayées, sans vérifications, par certains médias.

Il est également inacceptable de parler de coût quand un français, quel qu'il soit est en difficulté à l'étranger. La France s'honore encore de porter un secours sans conditions à tous ses ressortissants.

Le SNJ demande à tous les journalistes d'apporter leur soutien aux deux journalistes de France 3 comme ils ont su le faire précédemment et de s'assurer auprès des pouvoirs publics que les efforts pour les libérer se poursuivent sans discontinuer.
Paris, ce 15 janvier 2010"


Invité dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1 - Le Parisien / Aujourd'hui en France, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a remis de l'huile sur le feu, en confirmant et en justifiant les propos présidentiels :

"C'est vrai que Nicolas Sarkozy, à plusieurs reprises, a dit que cette imprudence était vraiment coupable, parce qu'ils avaient été très clairement mis en garde, il leur avait été très clairement demandé de ne pas s'aventurer ainsi parce qu'il y a des risques (...) Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées qui, du reste, sont détournées de leurs missions principales. Je crois que, quand même, le scoop ne doit pas être recherché à tout prix"

(Pour écouter l'émission en intégralité, cliquez ici)

En réaction, c'est aujourd'hui l'Association du prix Albert Londres qui publie un communiqué :

"Paris, le 18 janvier 2010

L'association du prix Albert Londres tient à marquer sa solidarité avec tous les journalistes qui, à travers le monde, parfois au péril de leur vie et de leur liberté, tiennent à exercer leur métier là où leurs enquêtes et leurs témoignages sont les plus nécessaires.

Le devoir d'informer est une condition vitale de la démocratie, au même titre que la liberté d'expression.

Albert Londres n'aurait jamais accepté de se laisser dicter les sujets sur lesquels il devait enquêter,  encore moins ceux sur lesquesl il ne devait pas enquêter, quelq que soient les dangers. Cette règle est un principe de base de notre métier, aujourd'hui comme hier.

L'Association du prix Albert Londres demande donc à tous les journalistes d'apporter leur soutien aux deux journalistes de France 3 retenus en otages en Afghanistan depuis le 30 décembre, et aux pouvoirs publics de faire tous leurs efforts pour obtenir leur libération."

vendredi 15 janvier 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan : la FFAP réagit aux propos du Président Sarkozy


Le 30 décembre dernier, deux journalistes de France 3 étaient enlevés en Afghanistan, alors qu'ils effectuaient un reportage sur la sécurisation de la région de la Kapisa par l'armée française, pour le magazine Pièces à conviction.

Cet enlèvement aurait, selon Europe 1, provoqué une grosse colère du Président Nicolas Sarkozy qu'il aurait exprimée avec véhémence lors du conseil des ministres du mardi 5 janvier. Toujours selon Europe 1, le président aurait en substance déclaré que "ces journalistes étaient inconscients. Ils ont agi en contradiction avec les consignes de sécurité. C'est insupportable de voir qu'on fait courir des risques à des militaires pour aller les chercher dans une zone dangereuse où ils avaient l'interdiction de se rendre..."

Nicolas Sarkozy aurait en outre exigé du ministre de la Défense, Hervé Morin, d'afficher une totale transparence sur les frais engagés. "Il faut que les Français sachent le coût de cette histoire".

Dès le lendemain, Arnaud Hamelin, Président de la Fédération française des agences de presse (et de l'agence Sunset Presse) publiait un communiqué en réaction aux propos présumés de Nicolas Sarkozy :

La  FFAP estime « déplacés » les propos du Président de la République.

La Fédération française des agences de presse (FFAP) a réagi vivement aux propos prêtés à Nicolas Sarkozy, au Conseil des Ministres de mercredi, à la suite de l’enlèvement de deux journalistes de France 3 en Afghanistan. Pour Arnaud Hamelin, Président de la FFAP et lui-même correspondant de guerre pendant plus de vingt ans, « de tels propos sont déplacés d’autant qu’ils font abstraction de l’angoisse des familles et amis des deux otages. Les journalistes sont des gens sérieux qui remplissent professionnellement une mission d’intérêt général, parfois au péril de leur vie ». Rappelons qu’en 2009, cent vingt-et-un journalistes de toute nationalité, ont été tués dans 25 pays.

« Les traiter d’inconscients, serait les confondre avec des vacanciers skiant en hors-pistes un jour d’avalanche, ajoute Arnaud Hamelin. Les journalistes exercent un métier à risque qui consiste à remplir un devoir d’informer en assumant des risques et même s’il y a pu avoir une erreur de jugement de leur part, il n’est pas question de leur interdire quelque accès que ce soit. Quant au devoir de l’Etat, il consiste à protéger ses concitoyens, les journalistes tout comme les spéléologues ou les skieurs». De toute façon, « Quant à savoir le « coût de cette histoire », conclut Arnaud Hamelin, il sera toujours assez tôt pour se livrer au jeu des comparaisons parmi les dépenses publiques».



lundi 2 novembre 2009

A voir sur Mediapart : la cassette Méry, toujours d'actualité...

A l'occasion du renvoi de Jacques Chirac devant la justice, Edwy Plenel publie dans Mediapart un "carnet libre" consacré à l'affaire Méry. Il y revient sur le rôle du journaliste en démocratie, et rend hommage à Arnaud Hamelin, auteur de la fameuse interview de Méry.

Les 22 et 23 septembre 2000, le Monde publiait le témoignage posthume de Jean-Claude Méry, qui avait été l'une des chevilles ouvrières du financement occulte du RPR dans les années 80 et 90. Ce témoignage était la retranscription de l'interview réalisée par Arnaud Hamelin, quelques années plus tôt, alors que Méry, mis en cause par la justice et lâché par les siens, avait souhaité confier à un journaliste indépendant tout ce qu'il n'avait pas voulu révéler aux juges...

Une affaire "abracadabrantesque", selon le mot du président Chirac, dont l'essentiel est résumé dans cet extrait du film "Histoires de scoops", produit par Sunset Presse et diffusé par Planète en 2008 :





vendredi 30 octobre 2009

Affaire Boulin : le témoignage d’Hermann Stromberg

Depuis le 27 octobre dernier, les révélations de nouveaux témoins se multiplient autour de la mort du ministre Robert Boulin en 1979. A tel point que la justice pourrait reconsidérer le non lieu qui avait clos l’enquête à l’époque… Un réveil pour le moins tardif : en 1990, déjà, Arnaud Hamelin recueillait pour Sunset Presse le témoignage d’Hermann Stromberg, qui remettait en cause la thèse du suicide.

Il y a 30 ans, jour pour jour, le corps de Robert Boulin, ministre du travail en exercice, et pressenti pour remplacer Raymond Barre à Matignon, était retrouvé au bord d’un étang de la forêt de Rambouillet. Conclusion de l’enquête : suicide. Une thèse accréditée par une lettre tapée à la machine, retrouvée dans la corbeille à papier du bureau du ministre. Cette lettre, qui s’ouvre sur : « j’ai décidé de mettre fin à mes jours », développe ensuite sur quatre pages la ligne de défense du ministre dans l’affaire de la « garrigue de Ramatuelle ».

Depuis plusieurs semaines, en effet, le ministre était la cible d’attaques très virulentes dans la presse, déclenchées après qu’un corbeau ait fait parvenir à plusieurs journaux des lettres accusant Robert Boulin d’avoir illégalement acquis un terrain dans le Var, pour y construire une résidence secondaire.

Pour la justice, Robert Boulin aurait craqué sous la pression médiatique, et se serait suicidé. Fin de l’histoire.

Sauf que : au fil des ans, les témoignages se sont accumulés, dénonçant les manquements de l’enquête, les omissions des médecins légistes, la disparition de scellés… Et, surtout, l’incohérence des faits.

Parmi ceux-ci, celui d’Hermann Stromberg, qui livrera son témoignage à l’Humanité en novembre 1988 ; Stromberg, une relation de Robert Boulin, qui affirme avoir eu rendez-vous avec Robert Boulin le 29 octobre 1979, devant la mairie à St Léger en Yvelines. Un rendez-vous auquel il se serait rendu, accompagné de Charles Bignon, un ancien député. Ils auraient accompagné Robert Boulin près d’un étang, en forêt de Rambouillet, où d’autres protagonistes les auraient retrouvés, dont Henri Tournet, le promoteur du fameux terrain de Ramatuelle, un certain Ernst Siegrist, décrit par Stromberg comme un mafieux lié à l’Opus Dei, et plusieurs policiers. Stromberg et Bignon auraient ensuite vu Robert Boulin s’enfoncer dans la forêt en compagnie de cet étrange aréopage, et n’en serait pas ressorti…

En 1990, Hermann Stromberg renouvelle son témoignage, cette fois ci devant la caméra d’Arnaud Hamelin, qui réalise pour Sunset Presse un documentaire sur Robert Boulin, diffusé par la 5. Extrait.


Stromberg dit-il la vérité ? Ment-il ? Ou brode-t-il autour d’une demi-vérité ? Sa version des faits semble accréditer la thèse de l’assassinat de Robert Boulin.

Mais qui aurait pu, et pourquoi, prendre le risque d’assassiner un ministre en exercice ? Trois anciens ministres, Alexandre Sanguinetti, Michel Jobert et Olivier Guichard, ont à plusieurs reprises confié leur conviction que Robert Boulin aurait été tué parce qu’il en savait trop sur le financement occulte du RPR, notamment par Saddam Hussein et Omar Bongo. Son assassinat aurait été organisé par le S.A.C., que dirigeait Charles Pasqua…

Une chose est sûre, cependant : le témoignage de Hermann Stromberg n’a jamais été sérieusement examiné par les autorités judiciaires, même après sa diffusion sur la 5.

 
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