vendredi 3 septembre 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan: 250 ème jour le 5 septembre 21010

Le 29 décembre, il y a bientôt 250 jours, Hervé et Stéphane, journaliste et caméraman pour le magazine de France 3 "Pièces à Conviction", étaient enlevés sur une route au nord de Kaboul, avec leur trois accompagnateurs afghans.

Un rassemblement de soutien est organisé ce jeudi 2 septembre 2010, à 14 heures, place de la Bourse dans le 2ème, à l'appel de Reporters sans Frontières, du Syndicat national des journalistes, de la Société des journalistes de France 3 et des familles des deux otages.

Toute la journée, les différentes antennes de France Télévision diffuseront des messages de soutien aux journalistes enlevés.

jeudi 8 avril 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan : 100 jours...

C'est le 29 décembre, il y a exactement 100 jours aujourd'hui, qu'Hervé et Stéphane, journaliste et caméraman pour le magazine de France 3 "Pièces à Conviction", étaient enlevés sur une route au nord de Kaboul, avec leur trois accompagnateurs afghans.

Un rassemblement de soutien est organisé ce jeudi 8 avril 2010, à 14 heures, sur le parvis de l'Hôtel de ville de Paris à l'appel de Reporters sans Frontières, du Syndicat national des journalistes, de la Société des journalistes de France 3 et des familles des deux otages.

Toute la journée, les différentes antennes de France Télévision diffuseront des messages de soutien aux journalistes enlevés.

lundi 29 mars 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan : soutien unanime au FIGRA

La cérémonie de clôture du FIGRA (Festival international du grand reportage d'actualités), ce week-end, au Touquet, a été l'occasion pour tous les professionnels rassemblés (journalistes, réalisateurs, producteurs) de marquer une fois encore leur soutien aux deux journalistes de France 3 enlevés il y a 3 mois jour pour jour sur une route d'Afghanistan. (lire le compte-rendu dans La Voix du Nord en cliquant ici).

Arnaud Hamelin, président de FFAP et de l'agence Sunset Presse, a tenu à rappeler que les deux journalistes enlevés étaient "partis avec un ordre de mission, et non pas à la recherche d'un scoop. On entend dire que cela coûterait 10 millions d'Euros pour les récupérer... Si notre pays n'est pas capable de les mettre, c'est que la profession va très mal !"

Jean-François Julliard, président de RSF, a quant à lui invité le public du FIGRA à se joindre au rassemblement qui aura lieu le 8 avril 2010 à Paris, pour le 100ème jour de détention des deux journalistes... "En espérant que cette manifestation n'ait pas lieu, car cela signifierait qu'ils auront été libérés," a-t-il conclu.


mardi 9 mars 2010

Journalistes enlevés en Afghanistan : rassemblement de soutien au Trocadéro

Reporters sans frontières, le Syndicat national des journalistes et la Société des journalistes de France 3 organisent aujourd'hui, à 14 heures, place du Trocadéro, un rassemblement de soutien aux deux journalistes enlevés le 29 décembre 2009 en Afghanistan, alors qu'ils réalisaient un reportage pour le magazine Pièces à conviction.

La Fédération française des agences de presse s'associe à cette manifestation, à laquelle participera son président, Arnaud Hamelin, par ailleurs président de Sunset Presse.

Arnaud Hamelin avait été le premier à réagir, le 15 janvier dernier, au propos du président sarkozy quant au coût du sauvetage des deux journalistes enlevés. Il avait en outre publié une réponse vigoureuse au général Georgelin, qui avait déclaré, le 21 février dernier, sur Europe 1, que les opérations de sauvetage de "ces deux personnages" avait d'ores et déjà coûté 10 millions d'Euros.

Ce 9 mars est aussi la première journée de soutien aux deux journalistes sur l'antenne de France Télévisions ; pour l'occasion, les prénoms des deux otages (Hervé et Stéphane) sont révélés, après plus de deux mois d'un surprenant anonymat.

mardi 2 mars 2010

Inédit : sur les nouvelles routes du diamant

France 5 diffuse ce soir un documentaire minutes inédit produit par Sunset Presse en 2009 :

Diamants, les nouveaux mondes
France 5, Mardi 2 mars, 20H35


Un film de François Rabaté
Durée : 97'

Anvers, capitale mondiale du diamant ; à côté des traditionnels négociants juifs prospèrent désormais des diamantaires russes, chinois, et, surtout indiens...

François Rabaté a mené une enquête planétaire au coeur d'un marché très secret, à la rencontre des maîtres du diamant : représentants de la De Beers à Londres, négociants indiens à Bombay, tailleurs russes à Smolensk, ingénieurs miniers au Botswana... La mythique pierre blanche sous toutes ses facettes, en 52'.

mardi 23 février 2010

Communiqué de la Fédération française des agences de presse

Enlèvement des journalistes de France 3 en Afghanistan: La Fédération française des agences de presse répond aux propos du Général Jean-Louis Georgelin. 

Arnaud Hamelin, Président de la FFAP, et lui même correspondant de guerre pendant plus de 20 ans, donne sa réponse aux propos tenus par le Général Georgelin, qui a déclaré sur Europe 1 que le coût des recherches des journalistes en Afghanistan s'élevait à ce jour à 10 millions d'euros (pour écouter le Général Georgelin, cliquez ici).

Merci, mon général ... mais ne vous arrêtez pas là!

10 millions d'euros! Diable, quelle somme! Merci mon général pour cette transparence dont l'armée, la grande muette, est peu coutumière. 10 millions d'euros, chiffre rond, qui a le mérite de frapper les esprits. Voila donc la somme que l'état français aurait déjà déboursé pour retrouver deux journalistes enlevés en Afghanistan, et dont jusqu'à présent il était officiellement recommandé de ne pas parler. Bel effort de franchise, mon général, à même de provoquer l'aigreur de nos compatriotes, dans ces temps de disette. Nous comprenons mieux maintenant d'où pourrait venir le déficit des finances publiques : des journalistes irresponsables n'y seraient pas pour rien!


Alors, mon général, n'hésitez pas, continuez, vous en avez dit trop ou trop peu. 

Vous avez parlé « argent », alors dites nous où sont passés nos millions ? Sont-ce des heures de vols des drones qui rechercheraient nos compatriotes, des liasses de billets données de la main à la main à des informateurs, des aides gracieuses accordées à des chefs de guerre qui nous assurent savoir où ils se trouvent? Fichtre, dix millions d'euros, quelle activité pour retrouver deux Français disparus depuis 55 jours ! J’observe que pour la première fois, nous avons communication d’un coût financier en relation avec notre intervention en Afghanistan. Mais est-ce ce montant là qui nous intéresse le plus ?

Poursuivant notre éducation, vous pourriez nous dire pourquoi la France et ses soldats doivent participer en Afghanistan à une guerre dont les objectifs, après huit ans d'intervention étrangère, restent flous. En quoi les intérêts vitaux de la France, ou la sécurité individuelle de nos concitoyens, sont ils menacés en Afghanistan, pour que nous y maintenions un contingent de plus de 3500 hommes, qui risquent tous les jours leurs vies, et coutent à la France plus de 100 millions d'euros par an. 107 millions sur le rapport 2009. On notera la disproportion entre les 10 millions que vous avez annoncés pour retrouver depuis 55 jours nos deux compatriotes et les 107 millions qui représentent la totalité des dépenses de l’intervention française sur l’année 2009 en Afghanistan…


Par ailleurs, mon général, que mettez vous dans l'autre plateau de cette balance ? La vie de journalistes qui cherchent à comprendre ce que notre armée est allée faire en Afghanistan ? La curiosité de professionnels reconnus qui s'interrogent sur les raisons de notre engagement et sur les moyens employés pour y parvenir ? Il me semble que c’est bien le moins qu’ils puisse faire pour éclairer nos concitoyens. Non, nous ne sommes pas des inconscients, nous faisons notre métier en quelque sorte notre devoir, comme le font en ce moment nos soldats en Afghanistan. Témoins de l'Histoire, et de notre temps , nous souhaiterions que des chefs politiques et militaires acceptent que s'ouvre dans notre pays un débat argumenté, alimenté par les faits et les images que des journalistes ont le courage d'aller chercher sur le terrain.


Ces deux journalistes disparus depuis le 30 décembre sont l’ élément incontournable d'un système qui est celui de l'information. Ce système est le garant du maintien de la démocratie, non pas en Afghanistan, où elle n'a pas de racines, mais dans notre pays, ici, en France, où elle a été inventée. Sa défense, par tous les moyens, à tous les prix, est un défi qu'il faut relever. Général Georgelin, ne nous trompons pas de guerre, il n’en existe aucune entre les militaires et les journalistes.

mardi 16 février 2010

Cobayes de guerre : la France aussi ?

Dans son édition du 16 février 2010, le Parisien - Aujourd'hui en France révélait que la France aurait délibérément exposé des appelés du contingent aux radiations provoquées par le tir d'essai atmosphérique d'une bombe A (pour lire l'article, cliquez ici), le 25 avril 1961, à Reggane, dans le Sahara algérien.

Ce tir d'essai, baptisé Gerboise Verte, est décrit par le menu dans un rapport estampillé « confidentiel défense », et intitulé « la genèse de l'organisation et les expérimentations au Sahara » (pour lire le rapport, cliquez ici) ; un rapport qui aurait été rédigé par des militaires français en 1998, juste après l'abandon définitif des tirs d'essais nucléaires.

Selon ce document, trois cent soldats, appartenant à des régiments basés en Allemagne, auraient reçu l'ordre d'effectuer de s'approcher à moins de 300 mètres du point d'impact de la bombe, juste après le tir. Objectif déclaré de la manœuvre : simuler une phase de combat afin d'étudier « la réoccupation d'une position touchée par une explosion nucléaire ». Objectif moins avouable : « étudier les effets physiologiques et psychologiques produit sur l'homme par l'arme atomique »...

Le rapport publié par le Parisien ne serait apparemment que le tome 1 d'une série de rapports, dont le contenu reste à ce jour inconnu. Interrogé à ce sujet par le Parisien, Hervé Morin, ministre de la défense, a lapidairement répondu : « n’ayant pas personnellement connaissance du tome I, il m’est impossible de connaître le tome II. » Une méconnaissance qui ne l'a pourtant pas empêché d'affirmer que « les doses reçues [par les soldats, NDLR] étaient très faibles... » (pour lire l'interview, cliquez ici)

Naïveté feinte de la part du ministre ? On peut, sans trop prendre de risques, être enclin à le penser : le scoop du Parisien, en effet, avait déjà été publié par le Nouvel Observateur en 1998 (accessible ici)... Mieux encore : le ministère de la défense lui-même avait publié cette information en janvier 2007, dans un dossier de presse sur « les essais nucléaires et leur suivi au Sahara » (lisible ici). Ce dossier de presse évoquait d'ailleurs un autre tir, Gerboise Rouge, en date du 27 décembre 1960, après lequel auraient été menés des exercices de « reconnaissances d'itinéraires en milieu contaminé avec des hélicoptères guidant des blindés, des mouvements de fantassins munis de tous leurs équipements de protection ainsi que des essais de décontamination de matériel en campagne ».

L'Union Soviétique, les Etats-Unis, le Royaume Uni : toutes les puissances pionnières de l'arme nucléaire se sont ainsi livrées à ce type d'expérience, sacrifiant des soldats, et parfois des civils. En 1991, Sunset Presse avait produit pour la 5 un film bouleversant, retraçant le calvaire silencieux des victimes des retombées d'essais nucléaires américains :

Les Damnés de l'Atome

Un film de Jean-Pierre Van Geirt et Nicolas Forest

En 1951, six ans après Hiroshima, les Etats-Unis se lancent dans une campagne de tirs d'essais atmosphériques, dans le désert du Nevada. En sept ans, les militaires américains font exploser plus d'une centaine de bombes atomiques sur la zone. Les retombées radioactives de plusieurs de ces essais se répandent sur les régions habitées de l’Utah, notamment sur une petite ville de 5.000 habitants : Saint George.

A l’époque, le Département américain de l'énergie fait tout pour rassurer la population locale, l’encourageant même à assister aux explosions... Seule recommandation : protéger ses yeux avec des lunettes noires. Des films de propagande montrent même des soldats américains à l’exercice, marchant sans crainte vers le champignon mortel. Tout le monde vit à l’heure atomique, avec un seul mot d'ordre :“c’est sans danger !”.

Quarante ans plus tard, les habitants de Saint George vivaient encore les séquelles de ces expériences atomiques. Des cancers plus nombreux qu’ailleurs, des leucémies, des enfants atteints de trisomie 21... Avec fatalisme et résignation, la petite ville de l’Utah continuait à enterrer ses morts.

En 1992, Sunset Presse produisait, pour M6 cette fois (Zone Interdite), un autre film, consacré à d'autres victimes de la raison d'Etat :

Cobayes de Guerre
Un film de Jean-Pierre Van Geirt

Prêts à tout pour servir leur pays, des milliers de volontaires américains, ont accepté, durant la Seconde guerre mondiale, de participer à diverses expériences dans l’intérêt de la Nation. Ce qu'ignoraient ces quelques 60.000 volontaires, c'est qu'ils allaient servir de cobayes, en prévision d’une éventuelle guerre chimique, et que les tests de résistance aux gaz moutarde imaginés par le gouvernement les meurtriraient dans leurs chairs jusqu'à la fin de leurs jours. Il aura fallu 50 ans pour rompre le silence que l’armée avait imposé concernant ces expériences inhumaines...

En écoutant les témoignages terrifiants rassemblés dans ces deux films, on imagine sans peine l'enfer qu'ont vécu dans leur chair les centaines de soldats du contingent, exposés aux retombées radioactivesà Reggane, et condamnés au silence au nom de la raison d'Etat.
 
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